Familles expatriées

Expatriation en famille en Angleterre

Emilie est partie s’installer en famille en Angleterre. Elle nous partage son retour d’expérience. Une expatriation en famille en Angleterre, comment ça se passe ?

Si vous envisagez de vous expatrier en Angleterre, cet article est fait pour vous !

Peux-tu nous présenter ta famille ?

Nous sommes quatre. Nos deux garçons avaient 4 et 6 ans quand on a commencé notre aventure anglaise. 

Quel a été l’élément déclencheur pour partir en expatriation?

Nous étions dans une situation inconfortable en France, avec notamment des problèmes de travail (lassitude du système scolaire où je suis prof pour ma part, pression de la part du management pour mon mari). C’était un peu comme si on se sentait à la fin d’un cycle, et on avait besoin de changer.

On avait cherché à partir aux Pays-Bas dans le cadre du travail de mon mari mais au vu de la situation dans son entreprise, on a laissé tomber et plutôt cherché en France.

Quand un employeur anglais a contacté mon mari pour son expertise, on a foncé. On n’avait plus rien à perdre, et l’envie profonde de vivre autre chose. C’est tombé comme le Karma, une vraie chance sur notre parcours. 

Pourquoi avoir choisi l’Angleterre?

On ne connaissait pas l’Angleterre, et ce n’était pas la ville de Londres qui nous était proposée mais la campagne anglaise (les Midlands).

L’employeur nous a convié à découvrir les lieux et a commencé son « opération séduction ». Ce n’était pas difficile de nous convaincre : dès les premiers instants nous nous sommes crus dans une carte postale. Les Cotswolds sont une région absolument splendide et tout près de la ville où on devait s’installer (Worcester).

Et puis on s’est tout simplement dit que la chance de découvrir un nouveau pays et d’apprendre l’anglais ne se représenterait sans doute pas deux fois. On a donc donné sa chance au pays. Nous en sommes vite tombés amoureux.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées lors de votre arrivée ?

Ce qui a été difficile, c’est d’avoir fait le choix d’une installation en deux temps.

La première année, mon mari s’est installé, a trouvé une maison. Les enfants et moi faisions les allers et retours pour le rejoindre. Je me suis littéralement épuisée pendant cette année, et on s’est beaucoup manqué. Le célibat géographique est très dur, et on ne referait pas ce choix.

Mais la vie est bien faite. Cela nous a malgré tout permis de nous installer au meilleur endroit qui pouvait exister pour nous, à côté d’une école merveilleuse et de voisins plus merveilleux encore.

Quand nous nous sommes retrouvés, il a fallu surmonter le gros point noir d’après notre expérience de l’Angleterre : le logement. Ça a été très démoralisant au début, la maison que nous louions était dans un état affreux. Après de grosses larmes, nous nous sommes remontés les manches et nous avons nettoyé, repeint, changé les papiers peints,etc. On s’est construit le petit cocon dans lequel on allait passer les deux années les plus fortes de notre vie de famille. 

Vous a-t-il fallu un temps d’adaptation à vous vos enfants ?

Les premiers mois ont été compliqués, dans la mesure où nos enfants ne parlaient pas anglais.

Le plus petit est resté mutique pendant deux mois. Le plus grand a fait de gros efforts mais a tout de même bien galéré ! Heureusement sa maîtresse a été très accueillante et a organisé des séances de jeux sur les récréations pour qu’il se fasse des amis, ce qui a beaucoup aidé.

Dans le même temps j’ai rencontré deux mamans immigrées comme moi (Grecque et Roumaine) et nous sommes immédiatement devenues amies. Je dirais qu’en novembre tout allait déjà beaucoup mieux. 

Raconte-nous votre vie en Angleterre ?

La vie en Angleterre telle que nous l’avons connue n’a rien à voir avec l’expérience des expats à Londres.

D’abord parce que Worcester, c’est une ville de campagne, où il n’y a qu’une poignée de Français mariés avec un/une Anglais(e). On était donc plongés dans un quotidien très typique, et on n’a côtoyé quasiment que des Anglais ou des couples mixtes.

Mon mari ne travaillait qu’avec des Anglais, et a donc vraiment goûté au management, aux relations entre collègues britanniques (les discussions professionnelles importantes avaient lieu au pub par exemple).

Moi au début je ne travaillais pas. Puis j’ai eu la chance d’être portée par le groupe Expats parents. J’ai commencé à enfin faire ce que je ne m’étais jamais autorisée en France : écrire. Enfin, j’ai trouvé du travail dans un lycée anglais puis j’ai démissionné pour donner des cours en ligne pour les élèves français expatriés avec le Cefel.

Grâce à cela, j’ai tissé des liens sincères et forts avec des expatriés en ligne, et nous avons rencontré trois couples français avec qui nous sommes devenus amis.

Nos enfants se sont très rapidement fait des amis  et surtout ont immédiatement adopté leur école. Je me souviens encore du tout premier jour : leur père et moi étions très angoissés de les laisser dans cette école sans qu’ils parlent un mot d’anglais. À la sortie, ils avaient un sourire jusqu’aux oreilles, avec un petit sticker doré pour les féliciter de leur première journée. Notre aîné nous a dit ce jour là : « les maîtresses ici, elles sont vraiment encourageantes! « . C’était dans la poche : l’éducation kid-friendly nous faisait tomber amoureux du pays ! 

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins dans votre vie de famille expatriée en Angleterre ?

Si nous sommes rentrés, c’est bien sûr qu’il y avait un  » mais ».

Le travail de mon mari s’est dégradé, et son patron malgré des promesses et des promesses n’a jamais payé comme il aurait fallu.

Nous avons rencontré de grosses difficultés financières. Dans ce contexte, la maison était très petite, sans vrai jardin (70m2 pour trois chambres), mal isolée, etc. Elle est devenue un calvaire pour mon mari qui rentrait de journées difficiles et ne trouvait pas le confort dont il avait besoin pour se sentir bien. Le logement est un critère important dans notre équilibre, et on n’avait aucune issue. 

Le décalage dans l’expérience de l’expatriation à été également difficile à gérer. Mon mari avait déjà un an sur place et quelques désillusions quand les enfants et moi nous découvrions tout. On ne passait pas par les mêmes étapes en même temps, et cela nous séparait.

Et puis l’expatriation quand on est tous les jours au bureau ou à la maison à s’occuper des enfants, cela n’a rien à voir. On ne vivait pas la même expérience et ça ne nous convenait pas. 

Et les voyages dans tout ça ? 

En revanche les week-ends étaient les meilleurs moments en famille. On adorait partir à la découverte de villes, sans autre but que d’admirer l’architecture, les paysages. Et finir la journée dans un coffee place ou un tea room !

Malheureusement notre situation financière nous a beaucoup frustrés. Heureusement nous avons pu nous inscrire au programme English Heritage. Il nous a permis de visiter des lieux admirables pour un prix somme toute modique.

Nous avons pris goût aux randonnées dans les Cotswolds ou les Malvern (à terminer dans un pub). On a pu visiter le Pays de Galles, le Devon. C’est dans le Devon d’ailleurs que j’ai vécu ma plus grande joie de touriste : avoir le souffle coupé par la beauté du paysage, une envie de pleurer tant je me suis sentie vivante.

Vraiment l’Angleterre est un pays à découvrir. 

Un conseil pour ceux qui hésitent à partir en expatriation ?

J’ai écrit un texte sur ce thème sur mon blog : https://madeleineetcupoftea.com/2018/04/18/petits-expats-et-grands-reveurs/.

Avec le recul, je conseillerais d’avoir une solution pour le retour. On ne sait pas de quoi demain est fait et la précarité à l’étranger est très dangereuse.

Nous avons eu la chance de pouvoir compter sur mes parents qui nous ont sauvé la mise mais c’était… de la chance. Il faut gagner assez d’argent aussi pour pouvoir rentrer en urgence. En cas de problème de santé ou d’un parent qui a un problème, il faut pouvoir être là autrement c’est la torture mentale. 

Autre conseil : maintenir à tout prix le niveau de français des enfants car leur ré-adaptation dépendra beaucoup de cela. Je suis contente de l’avoir anticipé, alors même qu’on n’avait pas prévu de rentrer. 

Pour le reste, je dirais qu’il faut avoir un couple solide, une relation de confiance et un dialogue bien établi. Il faut accepter que l’expérience est forte et qu’il y aura des hauts et des bas. Le mal du pays peut être différent pour chacun. La situation professionnelle du conjoint suiveur est un point essentiel à prendre en compte. C’est même un gros point, surtout si on part longtemps. 

Mais bien sûr que je recommanderai toujours à celui qui a la chance de pouvoir le faire de foncer ! C’est une nouvelle naissance, c’est une expérience de vie sans égale… 

Le bilan familial ?

Malgré la déception, le bilan pour notre famille est extrêmement positif. Après 18 mois la nostalgie est toujours forte. Nous avons vécu dans une petite bulle qui nous a rapproché. Comme le dit Ben Mazué dans sa chanson Paradis, le simple souvenir de cette aventure ensemble nous aide dans les galères de notre vie en France.

Et puis, nous nous sommes tous prouvés que nous étions capables, forts et courageux. On a tous les quatre gonflés notre confiance en soi et la confiance dans notre famille.  On rêve tous quelque part de pouvoir revivre ces émotions…

L’expatriation n’est pas un simple déménagement à l’étranger, c’est une aventure qui nous fait nous sentir plus vivants. 

Merci à Emilie et n’hésitez pas à la suivre sur son blog : Madeleineetcupoftea

Si vous souhaitez découvrir d’autres récits de familles expatriées, cliquez ici !

Retrouvez-nous sur notre compte Instagram : @alexamda_ym_

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *